Le mot läckerli/leckerli (prononcé lékeurli) vient de l'allemand lecker signifiant délicieux et du suffixe -li (petit).
Ces petits biscuits rectangulaires portent le nom de la ville dont ils sont originaires, tout comme mes ancêtres et moi-même. Si vous ne connaissez pas cette ville, sachez que Bâle n'est pas un trou perdu (je vous laisse réfléchir à cette blague), elle mérite le détour: son centre ville médiéval, les bords du Rhin et surtout son merveilleux Carnaval inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La légende raconte que son origine remontrait au concile de Bâle qui s’est déroulé de 1431 à 1437. Les hommes d’église n’appréciant pas les petits gâteaux qu’on leur proposait et qu’ils jugeaient indignes de leurs saintes papilles. Les boulangers pâtissiers de l’époque auraient donc créé un biscuit plus raffiné que ces petits pains d'épices au goût prononcé (Lebkuchen) fabriqués à base de farine de seigle, de miel et d’épices, en y ajoutant notamment des fruits confits, des amandes, de la farine de froment, du kirsch...Mais le nom en lui-même n’apparaît qu’au début du 18ème siècle et certains ingrédients ne sont apparus dans la région que bien plus tardivement...
En réalité, le Läckerli bâlois est né au 17ème siècle. Les Läckerli étaient alors produits par des femmes (veuves, mères au foyer) qui gagnaient ainsi quelques sous en vendant leurs Läckerli au grand dam des corporations. Les pâtissiers et confiseurs bâlois ont exigé de celles-ci de cesser leur production. Mais cela a eu l'effet inverse puisqu'à partir de 1720,le Petit Conseil de Bâle (la mairie de l'époque) a autorisé tout le monde à fabriquer des pains d’épices et à les vendre en tant que "libre commerce". Cela marquera également les débuts de l'industrialisation de ce biscuit.
C'est le biscuit idéal pour reprendre des forces. Adapté pour les sportifs du dimanche et ceux des autres jours, il ne contient pas de graisse animale, ses fruits secs et sa farine semi-complète de blé et de seigle sont sources de fibres et de minéraux et le miel apporte à la fois du glucose et du fructose (index glycémique modéré). Cela fait de lui, un biscuit plutôt sain et gourmand, réconciliant la healthy et la comfort food.
Cette recette nécessite une bonne condition physique pour arriver à dompter cette pâte un tantinet récalcitrante car collante et compacte.
Chauffer le miel à feu moyen. Une fois bien liquide, rajouter le sucre et les épices en remuant jusqu'à dissolution du sucre.
Ajouter les fruits secs et les fruits confits, bien mélanger puis retirer du feu.
Abaisser la pâte encore chaude entre deux feuilles de papier sulfurisé à 7 mm d'épaisseur en essayant de lui donner une forme rectangulaire. Retirer le papier du dessus. Faire glisser la pâte sur une plaque avec le papier cuisson, laisser reposer au minimum 1h. La pâte doit être lisse et sèche au toucher. Si vous n'êtes pas pressé, un repos de 12h ou toute une nuit est conseillé (pour la pâte et pour reprendre des forces pour la suite de la recette)
Cuire env. 15 min au milieu du four à 200°. Mélanger le sucre glace, l'eau et le kirsch/jus de citron pour obtenir un glaçage. Retirer le biscuit du four, le transférer avec son papier cuisson sur une planche à découper et le badigeonner aussitôt de glaçage en couche fine.
À l'aide d'un couteau tranchant, découper les bordures trop cuites et durs et réaliser des bandes verticales et horizontales afin de détailler les leckerlis en rectangles d’environ 4×3 cm.
Laisser les leckerlis refroidir avant de les ranger dans une boîte.
Conservation: 4 à 5 semaines dans une boîte hermétique ou plus longtemps au congélateur.
On peut également réaliser des bâtonnets de dimension 2×7 cm que l'on trempera à moitié dans le chocolat ou au 3/4 ou en entier...C'est une variante plus gourmande que l'on trouve chez un célèbre fabricant suisse "Läckerli Huus"